1991, première approche du grand Nord sibérien

Mission d'hiver

En 1991, deux missions multidisciplinaires et internationales, c’est-à-dire composées de Français, Russes, Autrichien, Canadien et Groenlandais, se sont déroulées en Sibérie nord-orientale dans la région de Tchoukotka, une région totalement fermée aux étrangers jusqu’en 1989, pour des raisons stratégiques. Ce projet franco-soviétique était co-dirigé par Boris Chichlo et moi-même.

Nous avons pu nous rendre dans un grand nombre de localités en avril-mai, ce qui correspond à la fin de l’hiver, puis en été, en août, jusqu’à ce que le putsch du 19 août 1991 mette fin prématurément à notre expédition et nous oblige à regagner Leningrad qui devint alors Saint-Petersbourg.

n portant un regard extérieur sur les petites populations autochtones de cette région, notamment les Eskimo appelés aussi Yuit dans cette région, et les Tchoutchkes, nous voulions établir une sorte de bilan de leur situation démographique, sanitaire et sociale, demeurée très mal connue en Occident à cette époque. Pour ce qui me concerne, je souhaitais aussi faire ressortir des éléments de comparaison avec la population groenlandaise.

Nous avons travaillé essentiellement dans trois districts administratifs de la Tchoukotka, ceux de Provideniia, de Lavrentia et de Schmidt, en incluant même l’île Wrangel ! Nous nous sommes rendus dans des villages côtiers à majorité eskimo et minorité tchoutchke, ou l’inverse, tournés vers la chasse aux mammifères marins, et avons visité des campements de Tchoutchkes nomades éleveurs de rennes, à l’intérieur de la toundra. Grâce à ces deux missions, nous avons pu observer les différentes activités et modes de vie qui sont liés aux deux saisons particulièrement tranchées dans l’Arctique, que sont l’hiver et l’été.

Nous avons de surcroit recueilli des informations quantitatives et qualitatives, tant auprès des autorités locales : soviets, centres médico-sanitaires, services scolaires, etc, qu’auprès des associations autochtones, conseils des anciens…Nous nous sommes ainsi efforcés d’exploiter toutes les sources d’informations possibles pour recouper ce que nos interlocuteurs nous disaient, surtout dans une région où le secret pèse fortement.

Cette première approche des minorités sibériennes du grand nord, qui souvent voyaient des Occidentaux pour la première fois, fut à la fois passionnante et émouvante. Mais ce n’était qu’une première approche destinée à préparer d’autres missions.

Localités visitées pendant la mission :

Hiver 1991 (3 avril – 6 mai), lieux visités en Tchoukotka, trois districts : Providenski, Tchoukotski et Schmitovski

  • Léningrad
  • Tcherski
  • Anadyr
  • Ourelik
  • Provideniia
  • Novoe Tchaplino
  • Sireniki et un camp d’éleveurs de rennes tchouktches de Sireniki
  • Nounligran
  • Schmidt
  • Ryrkaïpii
  • Lorino
  • Lavrentia
  • Naoukan (village abandonné)
  • Dejnev (village abandonné)
  • Ouelen
  • Ouchakovskoe (sur l’île Wrangel)
  • Pevek
  • campement de nomades tchouktches éleveurs de rennes : 1ère brigade de la toundra de Ryrkaïpii

Galerie de la mission d’été 1991, première approche du grand Nord sibérien 

Localisation

Tchoukotka, Russie

Joëlle Robert-Lamblin

Joëlle Robert-Lamblin

Joëlle Robert-Lamblin, anthropologue, Docteur d'Etat ès Lettres et Directeur de recherche honoraire au CNRS, a fait ses études à Paris dans les domaines de la sociologie et du droit. Au début des années soixante, de l'enseignement de l’ethnologie dispensé au Musée de l'...

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Observatoire Photographique des Pôles

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