Ammassalik 1977 : mission hivernale

Je suis retournée en mission à Ammassalik en 1977, soit 5 ans après mon précédent voyage. D’une part, ce retour correspondait à ma volonté de passer de façon assez régulière pour suivre des indicateurs d’évolution démographique, sociologique et économique. D’autre part je tenais absolument à connaître les conditions de vie hivernale que je n’avais pas encore eu l’occasion de découvrir, ni à Ammassalik, ni au Scoresbysund (situé à 1000 km au nord-est).
Il s’agit donc d’une mission d’hiver, avec l’observation des activités pratiquées en cette saison. Certaines sont complètement arrêtées, telles celles liées à la construction des maisons. Les chasseurs, poursuivent leur activité cynégétique d’une façon différente, grâce aux filets à phoques installés sous la glace qu’ils possèdent quasiment tous. Ces pièges nécessitent d’être relevés très fréquemment, car si un phoque est capturé depuis trop longtemps, il risque d’être dévoré par les gammares, genre de petites crevettes. Tous les 2 ou 3 jours, le chasseur se rend donc sur place avec son traîneau à chiens et visite ses divers filets à phoques.
L’hiver, c’est aussi la période des visites. Mon séjour se situait dans la période appelée “hiver lumineux”, avec des conditions hivernales de froid et d’englacement des fjords, mais avec une lumière de plus en plus présente. C’est le moment favorable pour se déplacer, pour circuler entre les villages en traîneau à chiens. Les visiteurs se rendent aussi beaucoup dans la petite capitale Tasiilaq. C’est très vivant ! De partout, on voit arriver des familles, venues aussi pour faire quelques courses. Pourtant en fin d’hiver, comme c’était le cas, les magasins sont plutôt vides en attendant le cargo qui ne reviendra que fin juin, début juillet.
En même temps, plus la période avançait, plus la glace devenait fragile et se fendait. Et les déplacements sur la banquise pouvaient devenir dangereux. Donc petit à petit, jusqu’à mon départ, j’ai vu évoluer l’hiver vers un début de printemps, la neige fondre, les activités de cette nouvelle saison se développer. La pêche aux ammassat par exemple, le capelan, activité traditionnelle très prisée. C’est en effet ce poisson ammassatqui a donné son nom à cette région Ammassalik : le lieu où on pêche les ammassat.

Localités visitées pendant la mission :

  • Ammassalik (ou Angmagssalik) et Itimiin, aujourd’hui Tasiilaq, municipalité de Sermersooq
  • Ikatek (ou Ikateq), Ikkatteq, village abandonné à Ammassalik
  • Kap Dan (ou Kulusuk), aujourd’hui Kulusuk

Galerie en couleur de la mission Ammassalik 1977 : mission hivernale

A écouter et regarder :

Localisation

Ammassalik, Sermersooq, Groenland

Joëlle Robert-Lamblin

Joëlle Robert-Lamblin

Joëlle Robert-Lamblin, anthropologue, Docteur d'Etat ès Lettres et Directeur de recherche honoraire au CNRS, a fait ses études à Paris dans les domaines de la sociologie et du droit. Au début des années soixante, de l'enseignement de l’ethnologie dispensé au Musée de l'...

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Observatoire Photographique des Pôles

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